Notre expérience

❤ Nous sommes des mamans biberonnantes ❤ Aviez vous déjà fait attention qu'aucune maman biberonnante ne s'exprime avec fierté sur sa façon de nourrir son enfant ? J'emploi volontairement ce mot. On dit d'une mère qu'elle est allaitante mais rarement qu'elle est biberonnante, non, elle donne le biberon, comme si elle donnait un vulgaire objet à son enfant. Alors qu'une mère biberonnante nourrit son enfant en partageant un moment riche. Bébé se faufilera aussi dans les bras de sa mère pour y retrouver sa chaleur, son odeur, sa tendresse, son regard plongé dans le sien. La maman biberonnante vivra aussi des moments plus difficiles accrochée à ce bibi que bébé refusera ou au contraire qu'il demandera sans cesse. Je sais que vous, mamans allaitantes, êtes souvent critiquées, montrées du doigt. Et bien, vous voulez savoir, nous aussi, mamans biberonnantes, nous sentons jugées. A la question " tu allaites ? " , je me sens agressée. Comme si je brandissais un drapeau avec écrit " Heyyyy ! Je n'ai pas voulu donner le meilleur à mon enfant.". Je m'excuse presque en répondant, me justifiant comme je peux de n'avoir tenu que 48h. Et je ne devrais pas. Et même si je n'avais pas tenté cette aventure, je ne devrais pas m'excuser de mes choix. La société aime tellement tout cliver. Le monde de la maternité n'y échappe pas. Je sais la fierté pour les mamans allaitantes d'avoir des vêtements adaptés pour un allaitement plus pratique. Ce T-shirt mumpower, capable d'unir et réunir tant de femmes. Et d'en exclure indirectement tant d'autres. Peut être qu'un jour, quelque chose créera du lien entre toutes les mamans et arrêtera ainsi ce clivage. Parce que, mettons nous bien d'accord :

Une maman allaitante a de quoi être fière d'elle. Une maman biberonnante a de quoi être fière d'elle. Répondre aux besoins primaires de nos enfants fait de nous de bonnes mères, que ce soit à l'aide d'un sein ou d'un biberon. Il n'y a pas à opposer les mamans. Une maman est une maman. ​ ​



Retour sur nos débuts

La Aurélia de mon adolescence ferait une syncope en lisant ce qui va suivre. D'aussi loin que je me souvienne... " allaiter ? Moi ? Jamais ! ... Je ne suis pas une vache à lait ! " Puis je suis tombée enceinte. Mon instinct animal a repris sa place et je l'ai laissé faire. Ni pour, ni contre, je me suis laissée la possibilité, que peut-être, j'allaiterai. Mais les mots d'ordre étaient " Pas de pression". Je n'ai rien lu sur l'allaitement, rien acheté. Je n'ai pas investi pour autant dans les biberons... pour laisser faire les choses. Dans cette salle d'accouchement, lorsque j'ai enfin accepté de proposer mon sein à Amaé, j'ai été impressionnée. Elle s'y est accrochée d'elle même, sans aucune aide extérieure. J'entends encore les sages femmes me dire: " et bien, si maman avait un doute sur l'allaitement. Il n y a plus aucun doute ! " Et c'est vrai, tout m'a semblé évident. ​

Je ne vous dirai pas que la première tétée était agréable. Cette sensation sur le téton est comment dire ... particulière, ce n'est pas agréable. Mais j'étais complètement obnubilée par ce petit être accroché à moi, qui n'agissait que par instinct. La nature est complètement ouf ! Je me suis donc lancée dans l'aventure, tétée après tétée, en m'autorisant à arrêter quand je le voudrais. Amaé a passé sa première nuit à la nurserie. La sage femme l'a ramenée à 6h15, dans le noir, et l'a déposée dans mon lit. Amaé, tel un petit vers, s est faufilée jusqu'à mon sein. Ce moment restera le plus beau de cette aventure de l'allaitement. Un moment rien qu'à nous, douloureux mais rempli d'instinct. Car oui, j'avais mal. Chaque tétée provoque des contractions, et après, les dernières 24h passées, je vous avouerai que j'étais fatiguée de sentir ce corps endolori. Et puis, mes tétons... En moins de 24h, des crevasses sont apparues, sur les 2 seins, en externe et en interne selon les sages femmes. J'ai voulu continuer l'expérience un peu plus longtemps... jusqu'au dimanche soir. La dernière tétée a été si douloureuse, le bout de sein en silicone prêté par la maternité, laissait apparaître du sang. J'ai donc fait le point avec l'équipe de nuit. Nous avons pris la décision de passer aux bibis pour la nuit. Étant donné qu'Amaé était à l'aise avec le sein, la sucette, la tétine... Aucune peur de confusion. Avant de dormir, Amaé était très agitée. Nous lui avons donné un bibi, qu'elle a descendu en 3 minutes et s'est endormie... pendant 10h.. Cette nuit là, comme toutes mes nuits depuis l'accouchement, je dors très peu. Je n'y arrive pas. Et je réfléchis. Je me sens tellement épuisée. Mon corps est fatigué et j'en ai franchement ma claque d'avoir mal. Au réveil de Charlotte, je lui dis que c'est décidé, j'arrête de l'allaiter. J'en informe la sage femme qui me félicite d'avoir tenu et qu'au vu de ce que j'ai vécu dans mon corps ces dernières 48h, je suis dure au mal. Décision prise, elle m'apporte le médicament pour couper ma montée de lait ou du moins la limiter étant donné que je l'ai stimulée pendant 2 jours. Je suis heureuse d'avoir vécu cette courte expérience. J'ai aujourd'hui quelques regrets. La veille de notre départ, le pédiatre en une seconde d'auscultation a repéré qu'Amaé avait un frein de langue, et qu'elle avait du me détruire les tétons. Je ne peux m'empêcher de penser que si la première pédiatre l'avait repéré, nous aurions pu, peut être, trouver des solutions pour continuer l'aventure... Mais bon, avec des si... Je garderai en tête ces moments vécues l'une contre l'autre. Et je sais que pleins d'autres différents mais aussi beaux nous attendent.



Allaitement, suite et fin



J'ai tenté. J'ai retenté.

Après avoir beaucoup échangé avec certaines d entre vous, j'ai appris que tout n'était pas mort, et qu'il était possible de relancer une lactation... même après la prise des comprimés la stoppant. Et puis, je voyais bien que mon corps fabriquait encore quelque chose. ​ J'ai beaucoup réfléchi, discuté avec Charlotte. J'étais triste, j'avais ce goût amer concernant notre allaitement. Alors, j'ai essayé. 10 jours après la fin de nos 48h d'allaitement, reboostée à fond, j'ai été chercher de l'homéopathie, des tisanes, un tire lait. La première [re]mise au sein a été douloureuse, Amaé, elle, n'avait rien perdu de son reflexe. Alors, j'ai quand même essayé. J'ai acheté des bouts de sein. Je mettais Amaé au sein, lorsqu'elle était calme, quelques minutes. J'ai tenté de stimuler ma lactation avec ce tire lait, bruyant et douloureux. Après coup, j'ai fait quelques recherches concernant ce tire lait; selon de nombreuses femmes, il serait une vraie torture. Je trouve ça tellement triste que les produits en pharmacie, pris en charge pas la SS, ne soient pas de bonne qualité. ​


Mais, je détestais ressentir de nouveaux des sensations douloureuses dans mes seins. Lorsque je pesais le pour et le contre, accepter d'avoir de nouveau mal m'était inconcevable. Ressentir ces aiguilles dans ma poitrine, c'était trop... et puis, je voyais Amaé prendre ses bibis avec tant de facilité... petit à petit, malgré ma stimulation, mes seins n'ont plus rien produit. Et j'ai laissé tomber. J ai un respect incommensurable pour celles qui ont su mettre en place cet allaitement avec plus ou moins de facilité, qui se sont battues quand c'était si difficile. Il m'aura fallu plus de 2 mois pour en reparler. Aujourd'hui, je n'ai plus de regret. Je suis passée à autre chose. Avant l'accouchement, je ne m'étais pas renseignée, pensant que : " c est bon, c est la nature " et " si ça prend, ça prend ... si ça prend pas, ça prend pas, c'est comme ça " ... parce que non, c est pas comme ça. A celles qui vont donner la vie, renseignez vous, lisez, échangez avec d'autres... pas pour vous convaincre qu il faut allaiter. Non. Juste pour n'avoir aucun regret quand vous y serez.

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