Notre expérience

Avant de me former pour accompagner les familles à la Diversification Menée par l'Enfant, c'est dans le cadre personnel que je l'ai découverte et mise en place avec notre fille.

Je vous propose de vous replonger avec moi dans nos débuts de la diversification alimentaire.

Le récit d'un bout de vie écrit au fil des jours.


Notre vision de la diversification alimentaire

Nous n'avons pas de pédiatre, et notre médecin traitant qui suit Amaé ne nous a jamais parlé de diversification alimentaire. On se fait confiance, on fait ce qu on veut. Donc on est parties sur une diversification menée par nous toutes. On ne souhaitait pas commencer à 4 mois car il le fallait. Ni attendre 6 mois pour commencer la DME ( Diversification Menée par l'Enfant). Notre idée de départ est la suivante : Le lait restera son alimentation principale, et nous lui ferons DECOUVRIR les aliments dans un maximum d'autonomie. ​ Nous souhaitons que les temps de repas soient un temps d'échange, de partage où elle sera actrice de sa propre alimentation. Pour commencer, nous avons acheté des cuillères plates pour qu'Amaé puisse se familiariser avec, autant pour la prise en main que pour la mise en bouche.


24 03 20 : Première expérience

Amaé a 4 mois et 3 semaines


En attendant de pouvoir lui proposer des aliments solides ( lorsqu'elle saura se tenir assise seule ) , nous lui avons proposé des purées. Lorsqu'elle nous a semblé à l'aise avec ses cuillères, nous lui avons fait découvrir la COURGETTE... Premier légume goûté et validé par Amaé. ​ Je ne voulais pas lui proposer comme premier aliment de légume sucré (carotte, navet, potiron, panais... ) , ni lui refourguer un légume que je n'aimais pas moi-même. J'ai trouvé que la courgette était donc un bon compromis.


Etant encore trop petite pour attraper quelque chose au creux d'un bol ( ou assiette ) , nous trempons nous même une de ses cuillères ( transporteurs dans le jargon DME ) dans la purée que nous lui tendons ensuite. ​ Amaé se débrouille alors pour amener la cuillère à sa bouche. ​ Ce qui lui permet de découvrir SEULE un goût et une texture. Le fait de porter elle même la cuillère à sa bouche, lui permet de gérer la position de celle ci dans sa bouche. Elle semble avoir vite intégré qu'aller trop loin déclenche son réflexe nauséeux. ​ Au final, peu de purée est avalée, mais ce n'est pas un souci. La diversification alimentaire est pour nous la découverte de GOÛT qui mènera à sa future alimentation. Le lait reste son alimentation principale. ​

LA DME ​ Amaé a commencé à avoir un bon tonus pour son assise vers ses 5mois et demi, mais avant de se lancer dans cette nouvelle expérience qu'est la DME, j'ai préféré assister à un atelier. D'ailleurs, je ne peux que vous conseiller de vous faire accompagner pour cette aventure. Il est important de se renseigner correctement avant de se lancer.

C'est pleinement convaincues et rassurées que nous nous sommes lancées, quelques jours avant ses 6 mois. ​ ​ ​

Bilan de la première semaine :

Nous avons commencé avec ce que nous avions sous la main. Un bout de banane et d'avocat, que nous lui avons proposé à un moment où on la sentait disponible. Comme je l'avais imaginé, Amaé met tout à la bouche, à pleine bouche. Ce qui peut déclencher son réflexe nauséeux. ​


J'ai découvert cette approche de la diversification alimentaire pendant ma grossesse. Lorsque j'ai vu qu'il était possible de nourrir son enfant autrement qu'avec seulement des purées, qu'il était possible de le rendre acteur de ses repas, il nous en a pas fallu plus pour nous convaincre. ​ Mais il y'a une chose qui me reste difficile : ses réflexes nauséeux. Il faut avouer que dans notre société, on n'a pas pour habitude d'encourager un enfant qu'on observerait avoir des hauts le coeur. Réussir à ne pas paniquer; et au contraire, le rassurer, l'encourager demande une bonne dose de lâcher prise !



Mes premiers conseils : - Ne pas se mettre de pression, c'est une expérience à vivre ensemble - Accepter d'aller au rythme de votre enfant, ce n'est par parce qu'il a l'âge qu'il est prêt - Commencez avec des aliments qui vous inspirent. Pour se lancer dans cette aventure, il va vous falloir de l'assurance. - Si vous ne supportez pas le bordel et de voir un enfant avec de la nourriture des mains aux oreilles, soit il va falloir lâcher prise, soit laissez tomber la DME - Prenez confiance en votre enfant et au corps humain. Aussi impressionnant soient les débuts, le corps humain est une machine extraordinaire !



INTRODUCTION DES ALLERGENES Pour rappel, il existe 14 allergènes :
oeufs
gluten
laitage
crustacé
arachide
soja
fruits à coque
céleri
moutarde
graine de sésame
sulfite
lupin
mollusque
poisson

​ Ils sont à intégrer un à un, idéalement avant les 12 mois de bébé, afin de pouvoir observer s'il y réagit. ​ ​ Il est recommandé de faire découvrir un même allergène 3 fois de suite dans une semaine. ​

Introduction du premier allergène chez Amaé ​ Une fois lancée dans la DME, nous avons rapidement voulu intégrer un premier allergène. Je me suis donc dit qu'il serait stratégique de commencer avec l'oeuf, puis, les laitages, et le gluten, pour ainsi pouvoir lui proposer des préparations type muffins au bout de quelques semaines. ​ Première introduction de l'oeuf sous forme d'omelette, elle en avale deux petits morceaux, et tout semble se dérouler au mieux les heures suivantes. Deuxième introduction sous forme d'oeuf dur. Je crois observer quelques rougeurs après le débarbouillage, sans savoir si c'est le résultat de l'oeuf ou des frottements de la lingette sur son visage. Troixième introduction, plus de doute. Amaé fait une réaction à l'oeuf. ​ ​ ​




Allergie ou réaction cutanée ? ​ J'ai réussi à obtenir un rendez-vous sur Qare le jour même avec un allergologue. Le hasard a fait que je suis tombée sur une allergologue pédiatrique, complètement concernée par la DME. ​ Selon elle, le fait qu'Amaé n'ait pas réagi au premier contact avec l'oeuf ( en omelette, donc peu salissant ) lui fait dire qu'on ne serait pas sur une piste allergique à proprement parlé. Mais plutôt face à une réaction cutanée dûe à l'histamine très présente dans l'oeuf ( et bieeeeen étalée autour de sa bouche sur les 2 derniers essais). ​ Comprendre en gros, qu'elle ne serait peut-être pas allergique à l'oeuf, mais que simplement sa peau réagirait au contact de l'histamine présente dans l'oeuf. ​ ​ Pour savoir si Amaé est réellement allergique à l'oeuf, deux solutions :

  • faire un test cutané avec un allergologue

  • faire une prise de sang pour rechercher l'allergie à l'oeuf

​ Etant en pleine épidémie de CO